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Un Jardin sauvage nourricier

Et sans effort

Source : Yggdrasil Magazine - Tome 1 1)

Avoir un potager ? Quel entretien fastidieux ! C'est souvent ce qu'on dit. Il existe pourtant une alternative : un jardin nourricier innovant, conçu selon les règles de synergie des écosystèmes naturels, qui atteignent un équilibre par autorégulation. La différence ? Il est constitué de plantes sauvages. Rustiques, adaptables, elles résistens aux ravageurs comme aux maladies, et leurs qualités nutritives et médicinales sont supérieures à celles des plantes cultivées.

100 plantes sauvages comestibles, nutritives et savoureuses

Potentiels et influences environnementales

Avant de commencer à planter, prenez du temps pour observer les influences climatiques et la nature de votre sol, afin de garantir le bien-être des plantes que vous installerez. Prenez des copies du plan de masse pour y noter vos observations et ébaucher des croquis sur la forme du futur jardin. Les points importants à déterminer seront, la luminosité, la végétation déjà présente sur le lieu, la nature et l'humidité du sol. Lorsque vous aurez noté les diverses influences environnementales de votre jardin, vous pourrez dessiner un plan afin d'y placer les diverses plantations et aménagements réalisables, en y incluant des formes paysagères pour rendre le jardin plus esthétique.

Utiliser des semences ou des plants ?

La reproduction des plantes par semis comporte une multitude d’avantages, en comparaison avec l’usage des plantes de pépinières. En effet, le semis garantit une plus grand rusticité, car les racines pivots sont conservées et permettent aux plantes de s’enraciner plus profondément. Ces racines ont la force optimale pour explorer le sol et trouver les zones humides et les nutriments dont elles ont besoin. Elles permettent aux arbres d’être plus résistants aux coups de vent. En outre, les graines coûtent moins cher à l’achat que les plants. Cependant, pour certaines espèces, il faudra patienter un peu plus longtemps pour la mise à fruits, en comparaison avec les plants issus de bouturage ou de greffage.

Où trouver les graines ?

Les personnes initiés peuvent récolter les graines dans la nature, car les plantes citées ne sont pas des espèces protégées. Il existe également des semenciers qui vendent des graines de plantes sauvages. Les plants peuvent être achetés chez des pépiniéristes spécialisés ou être commandés sur internet.

Aménagement du jardin

Réalisez tous les aménagements et les terrassements avant les plantations afin d’éviter d’endommager les végétaux pendant les travaux. La règle de base dans un jardin sauvage est d’éviter de tasser le sol. Quand on conserve la souplesse du sol, les plantes se développent mieux et les graines germent plus facilement. C’est pourquoi il est conseillé de réaliser les chemins en premier e de les emprunter durant la création du jardin. La mare, elle aussi, doit être réalisée avant les plantations, surtout si elle sert de réserve d’eau pour l’arrosage. À l’aide du plan, placez des piquets afin de visualiser l’emplacement des différentes zones de semis et de repiquages des plantes annuelles et vivaces, puis tracez les contours en saupoudrant de sable.

Les plantations

Les grands arbres sont placés en premier et les arbustes sont disposés autour. On laisse quelques espaces libres pour créer un sous-bois qui sera destiné à accueillir les vivaces d’ombre. Cette association de plantes doit être suffisamment large pour créer une mini-forêt nourricière. Les plantations seront réalisées à l’automne pour les racines nues et au printemps pour les plantes en pot. Les semis d’arbres seront stratifiés dans des caisses pendant tout l’hiver et mis en place au printemps, et l’on prendra soin de les protéger des rongeurs. Les plantations génèrent beaucoup d’allées et venues dans le jardin, c’est pourquoi elles devront être réalisées avant les semis des prairies et des céréales. Dans le cas où vous auriez constaté des carences lors de l’analyse de la terre, pensez à y incorporer les apports nutritifs nécessaires (comme du compost).

Le faux-semis

L’espace destiné à recevoir les graines qui a été désherbé devra être recouvert d’un bâche en plastique noire, de préférence recyclée (très facilement trouvable chez un agriculteur), idéalement de septembre à mis-mars : ainsi, les graines qui se trouvaient naturellement dans le sol seront éradiquées. Il faut alors enlever les plantes mortes en exécutant un léger ratissage. Ensuite, il faut assouplir le sol sans faire de grosses mottes, sans le retourner. Cette opération se fait avec une grelinette, lorsque la terre n’est pas trop humide. Pour semer, il faut mélanger les graines avec un sable impérativement non-calcaire et du compost mûr tamisé. N’utilisez pas de terre du jardin, car la plupart du temps elle est remplie de graines invisibles à l’œil nu.

Le mélange idéal pour répartir uniformément le graines sans en gaspiller

Dans un seau de 10 litres, mélangez à parts égales du sable non calcaire et du compost tamisé. Ajoutez dedans les graines en suivant le dosage par mètre carré, puis mélangez bien le tout. Utilisez ce mélange en le saupoudrant sur le sol à raison de 1/2 litre par mètre carré. Autrement dit, avec votre seau, vous devez pouvoir semer 20m². Ensuite, recouvrez les graines à nouveau avec un mélange composé à moitié de sable et de compost à raison de 3 litres par mètre carré. Pour favoriser la germination, tassez légèrement le sol avec un rouleau à gazon (ou une planche).

Entretien… quel entretien ?

Après la plantation et le semis, le plus dur à été fait, car il s’agit de plantes sauvages qui n’ont pas besoin d’entretien comme les plantes cultivées. Dans la nature, personne ne les bine ni ne les désherbe, et pourtant elles poussent depuis des millions d’années ! Malgré tout, il faut rester attentif pendant la germination des semis dans le cas où une sécheresse impromptue montre le bout de son nez. En outre, pensez à déposer du broyat de branches et des feuilles mortes au pied des plantes, afin de créer une litière pour qu’elles se sentent comme chez elles. En ce qui concerne les maladies, il n’y à pas de soucis à se faire, car les plantes ont des tissus externes résistants, et les ravageurs ne préfèrent s’en prendre aux plantes cultivées. Ce la ne vous en pêche pas d’installer un hôtel à auxiliaires, une maison pour hérisson et des nichoirs, afin de réguler les populations de ravageurs et d’animer le jardin.

La mare

La mare est un élément primordial dans cet écosystème, car elle permet aux auxiliaires du jardin de venir s’abreuver. Des zones peuvent y être aménagées afin d’accueillir les plantes de berges qui affectionnent les sols humides, telles que la consoude et la prèle, qui vous serviront à réaliser des potions magiques pour votre jardin. Vous pouvez aussi y aménager une terrasse immergées pour les plantes et végétaux aquatiques comestibles. La mare peut également servir de réserve d’eau pour l’arrosage du jardin, car elle est riche en éléments nutritifs et permet de se passer de fertilisant. Si vous utilisez l’eau pour l’arrosage, évitez de mettre des poissons dans la mare, car les saletés qu’il génèrent pourraient boucher les tuyaux d’arrosage. Seules les gambusies, ces petits poissons mangeurs de moustique, seront les bienvenues. La mare peut être connectée en sortie de phytoépuration par une jolie cascade, dont le son augmentera le caractère bucolique et champêtre de ce jardin. Selon la dimension, la mare peut apporter un élément esthétique au jardin non négligeable et - pourquoi pas ? - servir de piscine naturelle, si l’on y installe un système de filtration écologique.

Évolution vers l’autonomie du jardin

Grâce à la diversité de ce jardin, les récoltes se succéderont tout au long de l’année. L’originalité des saveurs vous permettra de préparer des plats savoureux ou simplement de grappiller au fil des saisons. Par leur adaptabilité et leurs capacités à se ressemer d’elles-mêmes, les plantes sauvages de ce jardin garantiront une productivité perpétuelle avec peu d’entretien les premières années et un entretien quasi nul par la suite. En outre, ce jardin sauvage est aussi un merveilleux endroit pour se détendre au bord de la pièce d’eau en observant la grande diversité de la faune attirée par ce foisonnement végétal. Un régal pour les yeux, pour l’esprit, pour les papilles.

Références

Philippe Pellan, stages et formations Ecolieu - Les amandiers
Masanobu Fukuoka, La révolution d'un brin de paille, éditions Guy Trédaniel
Les Semences du Puy
La Ferme de Sainte-Marthe
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Un Jardin nourricier et sans effort - Philippe Pellan | https://yggdrasil-mag.com/
jardin_sauvage.txt · Dernière modification: 2020/05/18 19:33 par guillaume